Pile ou face

Il a fallu plusieurs mois de pandémie pour qu’un véritable dialogue s’installe entre le gouvernement du Québec et les représentants des différentes confessions religieuses. Sans vouloir faire le procès de nos gouvernants, on peut dire que certaines décisions qu’ils ont prises, ou qu’ils ont tardé à prendre, ont été plutôt mal accueillies par ceux et celles qui ont besoin de se rassembler pour célébrer leur foi. Pourtant, jamais nos évêques n’ont prêché la désobéissance civile malgré leur profond désaccord avec plusieurs décisions prises. Cette attitude peut nous paraître à prime abord une sorte de soumission aveugle à un pouvoir temporel. Mais, en y pensant bien, on peut supposer qu’il y a eu tout un exercice de discernement en amont pour bien mesurer ce qu’il convenait de faire dans ces circonstances.


Pour bien des zélotes du temps de Jésus, le dialogue avec le pouvoir romain était impensable. Beaucoup de Juifs s’attendaient d’ailleurs à ce que le messie les libère de la domination romaine et c’est certainement une des raisons qui les ont empêchés de reconnaître en Jésus le messie annoncé par les prophètes.


Mais le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde, comme Jésus le dira lui-même avant sa crucifixion. Il y a une justice divine au-dessus des lois civiles qui aura bel et bien un jour le dernier mot de toute injustice. Et il semble bien que la désobéissance aux autorités civiles ne soit pas la voie privilégiée de l’évangile. Jésus dénonce lui-même l’injustice, mais il pardonne au pécheur. Il nous invite étonnamment à rendre à César son dû, sachant très bien qu’il est assez probable que l’impôt prélevé par César soit exagéré et injuste. Dieu est le maître de l’histoire et il peut tirer du bien de toutes les situations. Si nos cœurs sont vengeurs et justiciers, nous sommes peut-être plus loin que nous le pensons du cœur de Dieu qui nous appelle à aimer l’ennemi et à pardonner. Mais cela n’est à notre portée qu’avec l’Esprit Saint.