Si quelqu'un m'aime

Plus jeune, je me souviens que la porte de la maison était toujours ouverte. Des inconnus s’y arrêtaient, parfois pour prendre un café et quelques biscuits en jasant de tout et de rien. D’autres fois, les visites s’étiraient jusqu'à ce que mon père ose éteindre quelques lampes. Mais une visite dont je me souviens particulièrement, c’est lorsque le curé faisait sa visite paroissiale annuelle. Les jours avant, la tension montait d’un cran. Pas question de laisser quoi que ce soit à la traîne. Même mon père se faisait enguirlander. Quand le grand jour arrivait, maman savait quasi à la minute près quand il allait se présenter. Nous nous mettions à genoux et il nous donnait sa bénédiction en arrivant. Puis il passait au salon et, sans tarder, ma mère lui offrait une pointe de sa