Les amis de l'argent

Les préoccupations de nos concitoyens seraient essentiellement d’ordre économique, selon les derniers sondages. L’inflation qui déferle depuis plusieurs mois déjà continue de mobiliser l’attention. Les prix des biens essentiels grimpent plus vite que les salaires qui finissent par monter eux aussi à cause de la rareté de la main d’œuvre, créant à leur tour une hausse du coût des biens. On essaie de colmater la brèche, par des moyens parfois contradictoires (cadeaux pré-électoraux d’une part et hausse des taux d’intérêts d’autre part), mais ça semble plus complexe qu’on ne le pensait. Nous n’en sommes pourtant pas à la première crise économique de l’humanité. L’endettement ne date pas d’hier non plus. Il suffit d’ouvrir la bible pour y constater que, depuis les origines, les hommes se sont disputé les richesses et ont contracté des dettes. La répartition des biens et le partage des ressources est au cœur de tous les conflits depuis toujours.


Dans nos propres vies, n’est-ce pas aussi pas mal la même chose? Bien des tensions, au sein même de nos familles, trouvent leur carburant dans ce désir de posséder. Le symbole ultime de cette convoitise est bien sûr l’argent. Le Christ connaît nos cœurs et il sait bien que le piège de la convoitise peut ériger entre nous des barrières infranchissables. L’argent n’est pas un mal en soi, bien évidemment. Il devient un mal quand on se met à son service et qu’on en devient esclave. Être chrétien, c’est être libre face à l’argent. Et le meilleur moyen de tester cette liberté est la générosité. Le chrétien sait que tout lui vient de Dieu, gratuitement. Face à Dieu, nous avons une dette que nous ne pourrons jamais rembourser.


Avec cet esprit, nous pouvons plus facilement voir la pauvreté comme un appel au partage plutôt que comme une fatalité qui ne nous concerne pas. Dieu ne fait pas que pourvoir pour nous, il veut aussi pourvoir par nous car, dans son royaume, tous seront comblés bien au-delà de ce qu’ils désirent. Lc 16, 1-13