Le corps du Christ

L’été qui se pointe met en évidence la valeur que notre société occidentale accorde au corps et à la beauté. Certains croient que la religion a dédain du corps, que la foi est une affaire purement spirituelle toute opposée à la matière. Le corps ne serait que source de péché et détournerait l’âme de ses aspirations divines. On a l’impression que cette religion, ou la caricature qu’on s’en fait trop souvent, est forcément désincarnée et n’a pas évolué en 2000 ans. Et pourtant…


Pour la foi chrétienne, le corps est, au contraire, inséparable de l’âme humaine. Le corps est à ce point important et digne de respect qu’il est vénéré, encensé, béni. Le corps de l’homme et de la femme n’est pas un objet dont on peut user à sa guise. Le corps est notre identité, le seul moyen dont notre personne dispose pour entrer en relation avec les autres. Et nous croyons même que le corps ressuscitera après la mort. C’est justement la valeur que la foi attribue au corps qui nous interdit d’en abuser, de l’exploiter, de le mépriser. Le nôtre et celui des autres. S’en prendre au corps, c’est s’en prendre à la personne elle-même. Blesser un corps, c’est blesser un être tout entier. Parlez-en à toutes les victimes d’abus et de sévices.


À travers toute l’histoire du salut, Dieu intervient pour rappeler à ses créatures à quel point le corps est précieux et qu’il doit être traité avec le plus grand respect. De la conception à l’ensevelissement, le corps humain est sacré et ne peut jamais être la propriété d’un autre. Le Christ s’est bel et bien incarné. Il est né d’une femme, a été nourri, a grandi et a accompli son œuvre de salut dans un corps qui a souffert, qui a été mis à mort et qui est ressuscité. Il aurait pu choisir de simplement envoyer l’Esprit-Saint aux apôtres sans leur apparaître après sa mort. Notre Dieu est un Dieu en chair et en os qui se laisse toucher.


Quand nous communions, on nous présente l’hostie en disant : « Le corps du Christ. » et non pas « L’âme du Christ. » ou juste « Voici le Christ. » Parce que c’est par ce corps sacré, livré pour nous, que nous sommes sauvés. C’est par ce corps crucifié que nos blessures les plus profondes sont guéries. En cette fête du Corps et du Sang du Christ, rendons grâce d’avoir un Dieu aussi concret qui se donne corps et âme pour que nous ayons la vie en abondance. Mc 14, 12-16.22-26