La foi et les signes

On profite parfois du récit de l’apparition de Jésus ressuscité à l’apôtre Thomas pour faire l’apologie du doute. Ça nous console un peu de constater qu’un des douze apôtres, bien canonisé, ait affiché ce scepticisme qui ne nous est pas si étranger. Et l’on se dit que c’est une réaction normale de douter. Sans entrer ici dans des considérations trop théologiques, il me semble que la lecture attentive de ce récit avance plutôt que la foi est un cadeau immense qui conduit tout droit au bonheur : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » La foi est un don gratuit qui ne change pas la réalité mais nous en fait découvrir le sens profond.


La plupart des choses que nous tenons pour vraies, nous ne les avons pas vérifiées nous-mêmes. Nous avons cru les personnes qui nous les ont transmises en leur faisant confiance, présumant qu’elles n’avaient pas de raisons de nous tromper. Plus de 2000 ans après la résurrection du Christ, il n’y a évidemment plus de témoins oculaires de cet événement. Il ne nous reste que le témoignage transmis à travers les générations et les effets réels de la foi des chrétiens et des chrétiennes dans leur vie bien concrète pour y croire. Les paroles et les actes des apôtres et des premières communautés chrétiennes ont fortement questionné le monde païen. Ce sont les signes visibles de quelque chose d’invisible qui en est la source. Les paroles et les gestes du Christ lui-même ont été reproduits par ces témoins : célébration, communion, pardon, partage, soin des pauvres, etc.


Notre monde n’a pas moins besoin de ces signes aujourd’hui pour reconnaître Jésus-Christ bien vivant. Ceux et celles qui doutent veulent encore le toucher et ne trouvent pas si facilement ce corps du Christ. Ce corps, c’est cette communion véritable entre nous, cette Église bien vivante, que le monde a tant besoin de voir et de toucher pour croire en la résurrection. Saurons-nous en donner les signes?

Jn 20, 19-31 Crédit photo: Daniel Bizzo