En attendant la moisson

Un martien qui débarquerait ici, lirait les journaux ou scruterait les réseaux sociaux, pourrait penser que nous sommes des êtres particulièrement soucieux de justice. On dénonce le mal, on poursuit les fautifs et derrière cette justice, il y a souvent une conviction profonde : éliminons ceux qui commettent le mal et nous serons enfin heureux. 2000 ans de christianisme n’auront donc pas suffi à nous faire prendre conscience que le monde ne se sépare pas entre bons et méchants. Que la bonté et le mal se mêlent souvent dans le cœur des personnes. En éliminant le mauvais, on risque fort d’éliminer le bon du même coup. On réduit aussi immanquablement la personne au geste qu’elle a commis. On érige des statues rapidement pour les actes de bravoure, on aime à penser que nos héros sont impeccables et infaillibles. On canonise et on diabolise assez rapidement. Les