Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.

Au cours des dernières semaines, on a l’impression d’assister à une polarisation de plus en plus intense dans la société. Les opinions sont de plus en plus tranchées. Les divisions sont palpables au sein de bien des milieux, dans bien des familles et même parmi les croyants. On sent qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que ces tensions prennent la forme d’insultes, de menaces et de violences et peut-être même de ruptures irréconciliables.


L’évangile de ce dimanche tombe à point. C’est un appel on ne peut plus clair à abandonner toute forme de violence à l’égard des personnes qui ne pensent pas comme nous, y compris celles qui nous feraient du tort. À première vue, ça semble exagéré et presque un encouragement à ceux et celles qui n’ont aucun scrupule à faire le mal. Mais Jésus nous invite à prendre un pas de recul. Dans la chaîne du mal, la violence génère la violence. Comment interrompre cette cascade de misères? En répondant, comme Jésus, au mal par le bien. Aimer ses ennemis, ce n’est pas tant applaudir aux maux qu’ils nous causent que détester ce mal plus que celui qui le commet et savoir qu’en y répondant par la vengeance on perpétue ce qui nous détruit.


C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire. Mais une posture peut nous aider : l’humilité. Une vertu qui nous permet de reconnaître nos propres violences et de réaliser à quel point nous apprécions qu’on ne nous réduise pas à ces gestes malheureux quand nous y avons cédé. Nous attendons des autres le pardon, la miséricorde, la clémence parce que quelque chose à l’intérieur de nous sait que nous sommes beaucoup plus que les fautes que nous commettons. Le Christ le sait aussi. Il est lui-même la miséricorde. Peut-on même porter le nom de « chrétien » sans reconnaître nos propres faiblesses et sans accueillir d’abord pour nous-mêmes sa miséricorde? Comment ensuite oser juger qui que ce soit? Lc 6, 27-38