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Le loup habitera avec l'agneau

On conviendra que la dernière chose à faire est de laisser un loup entrer dans une bergerie. Le prophète Isaïe devait bien le savoir quand il évoque que la venue du messie permettra un tel rapprochement. C’était sans doute pour nous aider à réaliser à quel point la venue du Christ parmi nous allait changer bien des perspectives. Que faut-il qu’il se produise pour que le danger de ce rapprochement s’efface? Il faudrait que le loup soit muselé, ou qu’il soit profondément transformé dans sa nature même et que l’agneau trouve des forces qu’il n’avait pas initialement. Il faudrait rien de moins que le loup prenne la nature de l’agneau.


Le Christ est venu vaincre le mal en chacun de nous en guérissant nos blessures les plus profondes, si profondes qu’on en ignore parfois même la cause. Et la plus grande de ces blessures est la mort, celle qui nous sépare de ceux et de celles que nous aimons et celle qui met fin à notre existence. Et c’est la peur de cette mort qui nous paralyse, qui nous replie sur nous-mêmes, qui nous amène à répondre au mal que nous subissons par le mal. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne donne pas de fruit. La vie nous vient de quelqu’un d’autre qui meurt, d’une certaine façon, à lui-même pour nous.


Jean-le-Baptiste nous exhorte à nous convertir, à accueillir un baptême de feu. À reconnaître qu’il y a bel et bien un loup qui sommeille à l’intérieur de nous et que seul l’Esprit Saint peut en faire un agneau. Ce même agneau qui enlève les péchés du monde, qui enlève en nous toute violence, tout mépris, toute haine et qui ne laisse place qu’à la bienveillance et à l’amour. Mt 3, 1-12