Le devoir d'hospitalité
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Il y aurait 12 000 itinérants qui déambuleraient dans les rues de nos grandes villes. Des milliers d’immigrants se font poursuivre dans les villes américaines et craignent à tout moment l’expulsion ou l’emprisonnement. « L’enfer, c’est les autres! » disait le philosophe Jean-Paul Sartre. L’autre dérange notre confort, nos sécurités. Il dénonce sans même ouvrir la bouche nos égoïsmes et nos peurs. On veut vivre en paix, choisir ceux qui entrent chez nous, ceux à qui on adresse la parole et ceux qu’on préfère ignorer. On peut fermer les yeux sur la misère des autres et se convaincre qu’on ne peut rien changer à toutes les inégalités, mais tôt ou tard, cette misère nous rattrape dans nos propres limites, dans celles de nos proches.
Chez ma grand-mère, il y avait un banc de quêteux près de la porte et des quêteux qui s’arrêtaient, qu’elle accueillait même quand elle est devenue veuve. Je me souviens qu’elle les invitait chaque fois à prendre un repas et elle les écoutait raconter leurs histoires toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Pour elle, ces personnes étaient des « envoyés du Bon Dieu » et elle les traitait avec le même respect que s’il se fut agi du Christ en personne.
« Celui qui vous accueille, c’est moi qu’il accueille. » Il me semble qu’à maintes reprises dans l’évangile, on bute sur ce message du Christ qui s’identifie au pauvre, au petit, au vulnérable. Mais peut-être faut-il reconnaître d’abord sa propre misère et l’accueillir pour ouvrir son cœur et sa porte à cet autre qui vient bousculer notre indifférence.
Mt 10, 37-42





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