Acclamer puis crucifier
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De tout temps les civilisations ont acclamé leurs héros, reconnaissant les vertus qui les démarquaient de la masse. Héros de guerre bien sûr qui manifestaient un courage hors du commun. Mais même aussi en temps de paix, les sociétés aiment bien acclamer les hommes et les femmes pourvus de talents exceptionnels. On accourt voir en spectacle chanteurs, comédiens, humoristes, grands orateurs, athlètes et gourous de toutes espèces. On les hisse vite sur un piédestal. C’est le cas aussi en politique et dans bien d’autres domaines. Avec la puissance des réseaux de communication, on fabrique ainsi des vedettes en un clin d’œil à qui on refuse la moindre erreur. C’est que, psychologiquement, on s’identifie à nos idoles et quand elles flanchent, c’est comme si elles nous trahissaient.
Je ne suis pas exégète, loin de là, mais je me demande si les récits de ce dimanche des Rameaux ne trouvent pas une part d’explication dans ce phénomène. Dans une chanson bien connue de Luc de Larochellière il y a ces paroles assez percutantes : « On est seulement ce que l'on peut. On est rarement ce que l'on croit. Aussitôt on se pense un dieu, aussitôt on reçoît une croix. » exprimant ainsi que la perception que l’on se fait des autres n’est jamais la pleine réalité. Des Juifs ont acclamé Jésus comme un roi à son entrée à Jérusalem, l’effet sans doute d’une réputation de faiseur de miracles qui le précédait. Mais, quelques jours plus tard, plus personne ne veut lui être associé quand on l’accuse et qu’on le condamne à la crucifixion.
C’est avec ces Paroles que le Seigneur nous entraîne dans la semaine Sainte jusqu’à Pâques. Jésus connaît bien nos cœurs si divisés par le péché. Il a donné sa vie pour que le mal et la mort n’aient plus le dernier mot. Suivons-le avec confiance sur le chemin de la résurrection. Mt 21, 1-11 et Mt 26, 14 – 27, 66





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