Prendre soin de la vigne
J’ai passé plusieurs étés de mon enfance à désherber l’immense jardin de mes parents. C’est une tâche que je détestais. Ce jardin avait une dimension surréaliste et à peine en avais-je fait le tour qu’il fallait recommencer car les mauvaises herbes y poussaient sans répit. Ma relation avec l’agriculture en a été affectée pour un bon bout de temps. Pour ma famille, ce jardin était essentiel pour compenser ses maigres revenus. J’avoue que j’ai souvent tourné les coins ronds. Mon père m’avait bien enseigné à enlever les racines des mauvaises herbes, mais c’était plus rapide de juste les couper au ras du sol. Un été que mon père est parti deux ou trois semaines travailler à l’extérieur, j’ai vraiment failli à mes responsabilités et il a dû lui-même intervenir à son retour pour que les haricots et les pois ne soient pas définitivement envahis. Il me semble que la cause des problèmes environnementaux que nous connaissons n’est pas si loin de ce type de négligence.
Nous sommes dans un temps où nous survalorisons l’éphémère au détriment de ce qui exige soin et entretien. Tout est jetable et remplaçable. Tout devient désuet trop vite. C’est vrai pour les choses matérielles, mais pas seulement. C’est un peu la même chose pour nos relations à bien des égards. Et si on y regarde de plus près, n’en est-il pas ainsi avec notre vie de foi? Avec l’héritage que nous avons reçu?
Quel soin prenons-nous de notre Église? Pas seulement celle en pierre, mais celle que le Seigneur a formée, a instituée comme le corps de Jésus-Christ? Comment soutenons-nous les serviteurs que le Seigneur envoie pour en récolter les fruits? Mt 21, 33-43





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