Le berger, la brebis, le mercenaire et le loup

Quelques semaines après Pâques, l'Église nous propose l'évangile du "Bon pasteur" dans laquelle on y retrouve une espèce de fable avec des animaux et des personnages. Quatre personnages sont mis en scène. Un pasteur qui prend soin de ses brebis, qui les protège du danger, qui les rassemble et les nourrit. Un mercenaire à qui l'on pourrait confier le même rôle, mais qui fuirait au moindre danger, préférant sauver sa vie plutôt que celle de ces brebis qui ne sont pas les "siennes". Une brebis qui reconnaît la voix de son berger et qui compte vraiment pour lui et d'autres brebis qui n'ont pas de berger pour prendre soin d'elles. Et, finalement, un loup qui rôde et qui disperse les brebis pour mieux les dévorer. Mais s'agit-il d'un conte pour enfants, ou cette allégorie peut-elle éclairer nos vies de chrétiens adultes majeurs, et bientôt vaccinés..., en 2021?


Sommes-nous vraiment, comme cette brebis, en danger? Quelque loup veut-il vraiment nous diviser pour mieux nous dévorer? Et ce "Bon berger" existe-t-il vraiment? Comment reconnaître sa voix? Comment le distinguer du berger mercenaire ? Où est la bergerie ou l'enclos et le pré où nous sommes conduits?


Le Bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Voilà ce qui le distingue. Il ne fuit pas quand nous sommes en détresse, en danger. Il s'interpose, au risque de souffrir à notre place. Il nous rassemble en nous appelant de sa voix à nous aimer les uns les autres, en donnant à notre tour notre vie les uns pour les autres. Il nous met en garde contre celui qui rôde et nous divise, qui nous accuse sans cesse et nous entraîne loin de la bergerie-Église. Il nous soigne quand nous sommes blessés. Il abandonne toute occupation pour se précipiter auprès de nous quand nous l'appelons.


En ce temps particulier, les brebis que nous sommes sont dispersées, les portes de la bergerie sont même parfois bien fermées, plusieurs sont blessées, d'autres sont épuisées, nous avons besoin plus que jamais d'écouter la voix du Christ, Bon pasteur, qui nous rassemble, nous défend et nous mène au repos.


"Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras le rassemble.

Il porte ses agneaux sur son cœur, il mène au repos les brebis." Is 40, 10


"Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.

Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre." Ps 22, 1-3a