Venez à l'écart et reposez-vous un peu

À la mi-juillet, l’invitation de Jésus à nous reposer tombe pile. On imagine sans peine, par exemple, le personnel hospitalier qui s’est donné corps et âme pendant tous ces mois pour sauver littéralement des vies humaines. Ils méritent un repos. Mais faut-il attendre d'être au bout du rouleau pour s'arrêter? Nos corps s’épuisent et il faut bien, de temps à autre, recharger les batteries, comme on dit. La Genèse évoque même le repos de Dieu après qu’il eut créé l’univers. La nature n’a-t-elle pas elle aussi un rythme d'alternance entre le mouvement et le repos? L’Église insiste encore aujourd’hui, sans trop qu’on y prête attention malheureusement, pour qu’on s’arrête de travailler le jour de la résurrection. Si elle insiste, c'est peut-être que ça ne vas pas de soi.


Quand nous arrêtons-nous vraiment? À peu près jamais. Le rythme que nous avons pris semble s’accélérer sans cesse. Il faut travailler, produire, livrer de plus en plus vite. On ne tolère plus la fatigue de personne, ni le moindre retard. On a pratiquement érigé l’impatience en vertu. Mais nos corps nous parlent. La création aussi. Ce que l’on produit si rapidement n’a pas toujours la durabilité qu’on voudrait. Les ressources ne sont pas inépuisables, les personnes non plus. Comment sortir de ce tourbillon infernal? Peut-être pas en planifiant des vacances avec un itinéraire surchargé et une liste de choses à faire. Tournons les yeux plutôt vers d'autres pistes... C’est renversant de lire la vie des saints et de constater que, pour la plupart, plus ils avaient des charges importantes, plus ils consacraient de temps à l’oraison.


Venez à l’écart. Re-cueillez-vous. Étymologiquement, cueillez-vous comme une fleur à nouveau. Reprenez contact avec vous-mêmes sous le regard de Celui qui vous a désiré de toute éternité, Celui qui n’attend de vous aucune performance, qui nourrit ceux et celles qui sont comme des brebis sans bergers. (On dirait peut-être aujourd’hui, comme des poules pas de tête.) Entrez simplement en silence, sans attente, sans aucune autre intention que de vous laisser rejoindre et nourrir par le Berger qui nous conduit sur des prés d’herbes fraîches et nous fait reposer. Bonnes vacances! Bon repos! Mc 6, 30-34