Qu'y a-t-il de si nouveau à s'aimer les uns les autres?

Après tant d’années d’évolution, il semble que nous n’ayons toujours pas atteint l’état d’épanouissement auquel nous aspirons depuis l’origine des temps. On doit quand même admettre que notre notion de bien et de mal s’est un peu raffinée au fil du temps. Des droits et des devoirs ont été reconnus et formulés dans des lois écrites. Des systèmes se sont mis en place pour les faire respecter et fournir peu à peu aux hommes et aux femmes des conditions de vie de plus en plus décentes et sécuritaires. Il a fallu des millénaires pour en arriver là. Et aujourd’hui, dans bien des coins de notre monde, ces droits sont encore plutôt précaires sinon inexistants.


Dans l’évangile de ce dimanche, le Christ parle d’une nouvelle loi : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Ignorions-nous vraiment, avant que Jésus ne prononce ces paroles, que l’amour puisse nous conduire au bonheur? Il en parle ici comme si l’amour était quelque chose de pas si évident, une caractéristique qui devrait démarquer les disciples des autres personnes. De quoi s’agit-il au juste? D’une simple gentillesse à l’égard des autres que l’on côtoie? Des bonnes manières à développer pour mieux « vivre ensemble »? Et si l’amour dont parle ici Jésus était d’un tout autre niveau? Ce « comme je vous ai aimés » pourrait bien en cacher le sens véritable. Comment le Christ a-t-il donc aimé ses disciples? En donnant sa vie pour eux. En leur étant fidèle jusqu’au bout, même dans les pires moments de souffrance. En ne les jugeant pas malgré leur trahison et leur fuite.


Voilà peut-être ce qu’il y a de nouveau dans ce commandement. Cet amour-là n’a rien d’éphémère ni de conditionnel aux bonnes dispositions de ceux et de celles qu’il vise. Paul nous en donne quelques composantes dans l’épître aux Corinthiens : « L’amour est longanime ; est serviable ; n'est pas envieux ; ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice et met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout et supporte tout. » Peut-être nous faut-il l’Esprit de Jésus-Christ pour aimer comme cela… Jn 13, 31-35