Pour aller au bout de soi-même

La route de la vie est parfois épuisante. Je me souviens des dernières semaines de vie de mon vieil oncle Joseph. J’ai eu la chance de passer plusieurs heures auprès de lui avant qu’il ne décède. Bien que la médication qu’on lui donnait apaisait beaucoup ses souffrances, il ne comprenait pas pourquoi le « Bon Dieu » ne venait pas le chercher plus vite. Il me racontait avec beaucoup d'émotion les moments les plus intenses de sa longue vie, les plus heureux comme le doctorat obtenu par son fils à Harvard, mais aussi le terrible accident de ferme dans lequel ma cousine Julie a perdu son bras gauche. Il en parlait comme si ça s’était produit la veille et les larmes coulaient de ses grands yeux bleus comme des torrents. Lui qui était né pen