Le temps de l'espérance

Il me semble qu’on a appris à espérer au cours des derniers mois. On a espéré l’arrivée d’un vaccin. On espère tous et toutes évidemment l’extermination du virus de la Covid. On espère de nouveaux assouplissements : la possibilité de revivre nos rassemblements, de chanter à voix haute, de se donner tous les signes physiques d’affection qu’on s’est fait interdire depuis bientôt deux ans. On a appris à attendre les bonnes nouvelles et à encaisser les moins bonnes. L’espérance chrétienne est une des trois vertus théologales, avec la foi et la charité. Elle a pour objet la Vie éternelle avec Dieu. On l’a peut-être oublié, mais nous sommes ici de passage et nous sommes faits pour vivre heureux éternellement. Aspirer au bonheur c’est le but même de notre existence. Et l’un de nos problèmes, c’est que nous sous-estimons le bonheur auquel nous sommes appelés et nous nous contentons de petits bonheurs éphémères qui nous en détournent.


Le prophète Jérémie le clame haut et fort : « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda. » Quelle est donc cette promesse de bonheur que le Seigneur va accomplir? Il dira par la bouche d’Isaïe : « Sur cette montagne, le Seigneur fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple. Le Seigneur a parlé. Et ce jour-là, on dira : Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »


Jérémie et Isaïe, bien qu’ils aient dénoncé ouvertement les maux de leur temps, n’ont jamais cessé d’espérer. On ne retrouve aucun fatalisme chez ces deux grands prophètes. Il est facile de se dire que rien ne va jamais changer et que tout ira toujours de plus en plus mal, mais c’est méconnaître le Dieu de Jésus-Christ que de penser de cette manière. Ce temps de l’Avent est un temps de grâce pour accueillir ces promesses et laisser le Seigneur les réaliser bien concrètement en chacun de nous.

Jr 33, 14 et Is 25, 7-9


Photo: gracieuseté de Cheryl Empey, Freeimages