Jésus était-il plus légaliste que les Pharisiens?

Plusieurs s’étonnent que l’Église catholique, contrairement à plusieurs autres confessions religieuses, ne permette toujours pas à un couple marié de divorcer. Il est difficile d’aborder cette question sans porter un jugement sur les personnes qui n’ont pas vu d’autre issue que celle-là à leur souffrance et ce n’est certainement pas l’intention de Jésus quand il répond aux Pharisiens, qui étonnamment, semblent pour une fois moins rigoureux que lui. Tentons un peu de comprendre.

La vie de couple n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Surviennent toutes sortes de difficultés et d’imprévus qui exigent de part et d’autre des ajustements, des renoncements et des réconciliations. Il ne suffit pas uniquement d’être tombés en amour pour conclure un mariage chrétien. Il s’agit en fait d’un sacrement, c’est-à-dire d’un signe qui manifeste Jésus-Christ dans sa relation même avec son Église, comme nous le rappelle Saint Paul. Et comme pour tous les sacrements, Dieu pourvoit des grâces particulières pour une telle mission. Des grâces, c’est-à-dire une aide, un soutien justement dans les moments les plus difficiles. Le mariage scelle un amour réciproque qui est don mutuel de soi pour le bonheur de l’autre. Et un don de sa personne ne peut pas se reprendre. Sinon, il s’agissait plutôt d’un prêt, avec une date de remboursement. Ce que l’Église vient sceller est donc quelque chose de très particulier et de durable.


La vie de couple ou l’engagement mutuel de deux personnes l’une envers l’autre peut très bien exister sans ce sceau. Bien des couples font le choix de partager leur vie sans s’engager à vivre leur union avec le Christ. Quand on assiste à un mariage chrétien, des paroles précises sont prononcées par les époux eux-mêmes, car ce sont eux les véritables ministres de ce sacrement et non pas le prêtre qui préside la célébration. Cette célébration n’est pas une pièce de théâtre dans un beau décor, c’est un engagement bien concret pris librement devant témoins et devant Dieu.


L’Église croit donc qu’aimer l’autre toute sa vie est possible avec Dieu. Et elle continue de proposer cet engagement à ses fils et à ses filles, appuyée sur la promesse du Christ lui-même qui s’engage avec les époux. Et l’Église c’est le peuple de Dieu, c’est la communauté chrétienne qui prend aussi la responsabilité de soutenir cet engagement, d’être attentive aux difficultés que vivent les couples et aux défis auxquels ils ont à faire face et de prier pour tous ceux et celles qui traversent des tempêtes trouvent les ressources nécessaires pour rester fidèles à leur promesse. Mc 10, 2-12