Des chemins tout croches à redresser


On vient tout juste d’enlever des entraves majeures installées depuis des lunes sur l’autoroute Henri IV. Je suis le premier à m’en réjouir. J’habite sur la rue juste à l’ouest et nous avons subi depuis des mois le bruit infernal des camions et des monstres mécaniques qui creusaient dans la pierre en pleine nuit, faisant vibrer les murs de notre bungalow. La circulation est redevenue, d’un seul coup, nettement plus fluide et moins bruyante. On dira ce qu’on voudra, mais un chemin bien droit et bien pavé est encore le meilleur moyen de se rendre d’un lieu à un autre en toute sécurité. Cela on le sait depuis que les prophètes de l’Ancien testament nous l’annoncent « afin qu’Israël chemine en sécurité », comme le dit si bien Baruch.


Mais ces prophètes parlaient d’un autre chemin. Le chemin de nos vies, sur lequel se présentent toute sorte de difficultés et d’imprévus. Un chemin sur lequel on s’aventure parfois un peu distraitement, sans trop se méfier des accidents. Un chemin parfois abrupt et sinueux qui ne nous conduit pas toujours où l’on pensait aller. C’est ce chemin que le Christ est venu éclairer, redresser et aplanir. Comment? En le parcourant lui-même le premier. En nous fournissant les bons repères pour emprunter les meilleures routes. En nous donnant son Église pour ne pas y cheminer seul, pour nous encourager les uns les autres à avancer quand la fatigue s’installe, quand les blessures nous paralysent, quand on oublie bêtement le but du voyage.


Le dernier des prophètes, Jean le baptiste, pointe vers celui qui est lui-même le chemin et la vie : Jésus. Marcher, avancer, cheminer dans la foi, c’est prendre des risques et sortir de ses sécurités habituelles, mais c'est surtout suivre Jésus jusqu'au bout. Et le bout pour nous tous, c'est Dieu lui-même. Au baptême, nous avons reçu la mission de prophète. Qu’avons-nous fait de cette mission? N'y a-t-il pas encore quelques routes à aplanir dans notre monde? Lc3, 1-6


Photo par Ned Horton (Freeimages)