Accueillir un enfant et servir pour être le plus grand

J’ai eu la chance extraordinaire de faire carrière en éducation. C’est un métier formidable que celui d’accueillir un enfant pour lui donner l’élan et les conditions pour devenir un homme ou une femme qui rendra le monde meilleur. J’avoue que mes meilleurs souvenirs sont tous des élèves qui se présentaient à l’école avec d’énormes difficultés, un passé lourd, une estime de soi à zéro et qui ont brisé tous les pronostics. Éduquer c’est savoir quand prendre la main et quand la relâcher, disait un grand pédagogue. Accueillir un enfant est un acte profondément humain et sans doute un peu divin. L’enfant arrive avec des besoins incommensurables qu’il peine à communiquer autrement qu’en pleurant. C’est déjà un tour de force de lui apprendre à les identifier, à les exprimer et à patienter. L’enfant attend tout de ceux et de celles qui l’entourent. Et seul l’amour inconditionnel, qui n’attend rien en retour, peut l’élever à sa pleine hauteur.


Il y a tant de joie à voir un enfant grandir heureux. Mais il arrive parfois que notre enthousiasme nous amène à projeter sur lui nos propres rêves, nos propres ambitions. On voudrait qu’il soit le meilleur dans telle ou telle discipline et on va tout sacrifier pour ce projet. On s’imagine que le bonheur tient à de telles performances. Beaucoup d’enfants ne supportent pas une telle pression. Dieu a donné à chacun des forces différentes. Il n’attend pas de nous que nous soyons les meilleurs, mais il sait que nous trouverons notre bonheur dans le soin que nous prendrons les uns des autres et des plus petits en particulier auxquels Jésus n’a jamais cessé de s’identifier.


Où est Jésus-Christ aujourd’hui? Où le trouver si nous le cherchons? « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. » L’enfant du temps de Jésus, c’est la personne qui ne comptait pour rien, qui n’avait aucun droit, ni aucun bien. Alors, osons nous demander humblement pourquoi nous voyons si peu d’enfants dans nos églises. Mc 9, 30-37